Élections aux Pays-Bas : forte percée du parti anti-immigration (FvD) de Thierry Baudet…

baudet Pays Bas

Une jeune formation anti-immigration et eurosceptique est entrée en force au Sénat des Pays-Bas, où elle est désormais le plus grand parti après avoir détrôné celui du Premier ministre Mark Rutte, mis en difficulté trois jours après une fusillade « terroriste » à Utrecht.

Présent dans la chambre basse mais absent jusque-là du Sénat, le parti Forum pour la démocratie (FvD) de Thierry Baudet, 36 ans, est sorti grand vainqueur des élections provinciales qui servent à désigner les représentants à la chambre haute du parlement.

Le FvD, un parti existant depuis seulement deux ans, sera désormais le plus important au Sénat avec 13 sièges, suivi de près par le VVD de M. Rutte, qui en conserve 12 après le décompte de 98,5% des votes, ont rapporté jeudi la télévision publique NOS et l’agence de presse néerlandaise ANP.

Les résultats de ce scrutin, qui ont bouleversé le paysage politique néerlandais, sont suivis avec attention au-delà des frontières, à l’approche des européennes de mai, qui pourraient également voir une forte poussée des partis populistes.

Ces élections sont intervenues juste après la fusillade qui a fait trois morts lundi dans un tramway à Utrecht, dont le suspect va comparaître vendredi devant un juge d’instruction pour homicides à des fins « terroristes », a annoncé jeudi le parquet.

M. Baudet, partisan d’un « Nexit » – une sortie des Pays-Bas de l’Union européenne – connu pour ses propos controversés, notamment sur l’immigration, les femmes ou la transition écologique, a accusé le Premier ministre « d’arrogance et de stupidité », lui reprochant d’avoir ignoré les électeurs.

« Nous nous trouvons dans les décombres de ce qui était autrefois la plus belle civilisation », a-t-il déclaré mercredi soir dans un discours lyrique, devant une foule en liesse qui célébrait sa victoire.

– « Victoire écrasante » –

POOL/AFP / Eva Plevier Le premier ministre Mark Rutte à Bruxelles le 21 mars 2019

Les journaux ont réagi avec stupéfaction aux résultats. « Baudet remporte une méga-victoire », souligne le quotidien populaire Algemeen Dagblad (AD), tandis que De Telegraaf titre simplement: « Victoire écrasante ».

Mark Rutte, qui a joué un rôle-clé dans les négociations sur le Brexit entre l’Union européenne et Londres, est au pouvoir depuis huit ans. Mais ce revers le rend vulnérable en l’obligeant à obtenir le soutien de partis extérieurs à la coalition. Il n’exclut pas une éventuelle collaboration avec le FvD « sur certains sujets », a-t-il déclaré à des journalistes lors d’un déplacement à Bruxelles.

Le VVD, formation de centre-droit de M. Rutte, et les trois autres partis de la coalition n’ont plus que 31 sièges – contre 38 avant les élections – sur les 75 que compte le Sénat.

« Nous allons devoir nous mettre au travail », a-t-il déclaré à ses sympathisants à l’issue du scrutin. « Nous allons devoir discuter avec d’autres partis pour faire en sorte de continuer à bien diriger ce pays ».

Conscient qu’il va devoir travailler avec des partis situés plus à gauche de la coalition, dont les écologistes de GroenLinks, M. Rutte sait aussi qu’il va devoir tourner la tête à droite. Il a déclaré qu’il n’écartait pas la possibilité de travailler avec M. Baudet « sur certains sujets ».

« Ce que j’espère, c’est que le FvD, maintenant qu’il est devenu si grand, même le plus grand de ces élections, soit préparé à aider à consolider la base de la gestion politique des Pays-Bas », a-t-il dit à des journalistes en marge d’un déplacement pour le sommet de l’UE à Bruxelles.

– « Frontières grandes ouvertes » –

ANP/AFP / Bart Maat Comptage des suffrages à La Haye, le 21 mars 2019

Thierry Baudet n’a pas manqué de se servir de la fusillade d’Utrecht pour sa campagne. « Les gouvernements successifs de Rutte ont laissé les frontières grandes ouvertes et battu toujours plus de records d’immigration, laissant entrer des centaines de milliers de personnes de cultures totalement différentes de la nôtre », a lancé M. Baudet.

« Nous l’avons vu lundi à Utrecht, des violeurs et des voleurs sont en liberté. C’est une honte », a-t-il ajouté, en référence au passé judiciaire du suspect d’origine turque de la fusillade.

Les Pays-Bas ont déjà connu plusieurs dirigeants populistes flamboyants, tels que Geert Wilders et Pim Fortuyn, politicien gay et anti-immigration assassiné en 2002.

Mais les populistes ont également gagné du terrain à travers l’Europe ces dernières années, de l’Italie à la France en passant par la Grande-Bretagne, observent les analystes.

« L’attaque terroriste à Utrecht a pu être un facteur augmentant les voix en faveur » du FvD, estime Anaïs Voy Gillis, doctorante à l’institut français de géopolitique et spécialiste de l’extrême droite.

Mais « dans le contexte européen, c’est une suite logique par rapport à ce qu’on a vu auparavant », a-t-elle déclaré à l’AFP, ajoutant que « la figure de Baudet rappelle énormément celle du chancelier autrichien (Sebastian) Kurz ».

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VIDEO. Italie: Cesare Battisti reconnaît sa responsabilité dans quatre meurtres

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Cesare Battisti, ex-activiste d’extrême gauche italien condamné à la prison à perpétuité en Italie pour quatre meurtres — MIGUEL SCHINCARIOL / AFP

Condamné en Italie à la perpétuité pour quatre meurtres qu’il avait toujours niés, Cesare Battisti, l’ancien activiste italien d’extrême gauche, a finalement reconnu sa responsabilité dans ces événements, a annoncé, ce lundi, le procureur de Milan, Alberto Nobili.

Cesare Battisti, 64 ans, a reconnu toutes les charges pesant contre lui et ses responsabilités « dans quatre meurtres », a déclaré le procureur. Alberto Nobili a précisé que ce revirement est intervenu au cours de l’interrogatoire de Cesare Battisti qu’il a mené samedi et dimanche. L’ex-activiste a également présenté ses excuses aux familles de ses victimes pour la douleur causée, a ajouté Alberto Nobili.

Capturé et extradé mi-janvier en Bolivie après quarante ans de cavale

Cesa Battisti a été condamné en 1981 pour le meurtre, en 1978, d’Antonio Santoro, un gardien de prison et celui, en 1979, d’Andrea Campagna, un chauffeur de la police. Il a également été condamné pour complicité dans le meurtre, en 1979, d’un bijoutier, Pier Luigi Torregiani.

Son fils Alberto, 15 ans à l’époque, grièvement blessé au cours de cette attaque, était devenu tétraplégique. Il a aussi été condamné pour complicité du meurtre en 1979 d’un boucher, Lino Sabbadin. Cesare Battisti a été capturé à la mi-janvier en Bolivieaprès 40 ans de cavale, dont une quinzaine en France, et expulsé vers l’Italie. Après son retour à Rome, il a été transféré dans une prison de haute sécurité en Sardaigne où il purge sa peine.

«Cesare Battisti devra rester vivre au Brésil» estime son avocat français

Les charentaises, célèbres chaussons, sont désormais protégées

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L’Institut national de la propriété industrielle (Inpi) a annoncé, ce lundi, avoir délivré à la « charentaise de Charente-Périgord » la protection d’une « indication géographique », devenant le huitième produit à bénéficier de ce label.

L’indication couvre la fabrication de ce chausson traditionnel, utilisant la technique originelle du « cousu-retourné », dans une aire géographique limitée à la zone Charente-Périgord. L’homologation sera effective à compter du 29 mars, date de la publication de la décision au Bulletin officiel de la propriété industrielle, a précisé l’Inpi dans un communiqué.

Près de 500.000 paires de charentaises fabriquées chaque année

L’indication géographique concerne cinq entreprises, qui regroupent 210 emplois. L’Association pour la promotion de la charentaise (APC) se voit déléguer la défense et la gestion de l’indication. Environ 500.000 paires de ces charentaises traditionnelles sont fabriquées par an par ces entreprises pour un chiffre d’affaires de 5,2 millions d’euros en 2018.

 

L’indication géographique protégée est un « signe utilisé sur un produit dont les qualités, la notoriété ou d’autres caractéristiques, notamment en termes de savoir-faire traditionnel et de techniques de production, sont liées à une zone géographique d’origine », selon l’INPI.

Sept produits ont déjà reçu l’indication géographique

Elle se matérialise par l’apposition d’un logo sur le produit, accompagné du nom de l’indication et de son numéro d’homologation.

Avant la charentaise de Charente-Périgord, sept produits manufacturés ont obtenu l’indication géographique : le siège de Liffol (2016), le granit de Bretagne (2017), la porcelaine de Limoges (2017), la pierre de Bourgogne (2018), le grenat de Perpignan (2018), le tapis d’Aubusson et la tapisserie d’Aubusson (2018).

Tabac: Le nombre de fumeurs quotidiens a baissé d’1,6 million depuis 2016

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C’est un record. Le nombre de fumeurs quotidiens a baissé d’1,6 million depuis 2016, a indiqué Matignon lundi matin, avant la tenue dans l’après-midi d’un Comité interministériel consacré à la santé.

Quelque 600.000 fumeurs quotidiens ont arrêté le tabac lors du premier semestre 2018. Ils s’ajoutent à la baisse d’un million qui avait été observée en 2017 et avait été qualifiée d’« historique » par le gouvernement l’an passé.

Le tabac provoque quelque 78.000 décès par an

Les pouvoirs publics attribuent cette forte diminution aux différentes mesures prises pour lutter contre le tabac : augmentation progressive du prix du paquet jusqu’à 10 euros d’ici 2020, remboursement des substituts nicotiniques par l’Assurance maladie et opération Mois sans tabac en novembre (qui vise à inciter le maximum de fumeurs à arrêter).

Responsable de cancers et de maladies cardiovasculaires, le tabac est la première cause de mortalité évitable en France et provoque quelque 78.000 décès par an (soit, en moyenne, plus de 200 par jour). Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le tabac tue plus de 7 millions de personnes par an dans le monde, dont près de 900.000 qui ne fument même pas et sont exposées à la fumée des autres.

Un Boeing transportant 256 passagers, se pose en urgence en Nouvelle-Calédonie…

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Un Boeing 787-900 de la compagnie United Airlines, reliant Melbourne à Los Angeles, a été dérouté lundi sur l’aéroport international de La Tontouta en Nouvelle-Calédonie. — John G. Mabanglo AFP

Plus de peur que de mal. Un Boeing 787-900 de la compagnie United Airlines, reliant Melbourne à Los Angeles, a été dérouté lundi sur l’aéroport international de La Tontouta en Nouvelle-Calédonie, a-t-on appris auprès de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI).

« Les passagers sont en train de débarquer dans le calme. L’avion s’est posé à 16h18 (heure locale), il semble que de la fumée soit sortie du cockpit », a déclaré un agent de la CCI, qui gère l’aéroport.

Les masques à oxygène seraient automatiquement tombés

L’avion, en provenance de Melbourne, située à environ 2.700 kilomètres de la Nouvelle-Calédonie, transportait 256 passagers et faisait route en direction de Los Angeles, a-t-on indiqué de même source.

Selon le site des Nouvelles-Calédoniennes, les masques à oxygène seraient automatiquement tombés dans la cabine du gros-porteur, lors de cet incident. La radio locale RRB a part ailleurs indiqué que tous les passagers, sains et saufs, allaient passer la nuit à Nouméa dans l’attente de la fin des investigations techniques.

Batteries des Boeing 787: la cause des incidents toujours inconnue

Gilets Jaunes : Lallement, le nouveau préfet qui fait flipper les flics

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A Paris, après le limogeage de Michel Delpuech, jugé trop laxiste, son successeur est entré en fonction jeudi. Qualifié de «fou furieux» par certains collègues, il devrait appliquer une stratégie de fermeté lors de l’«acte XIX» des gilets jaunes.

Des cris de joie déchirent les couloirs feutrés de la préfecture de Bordeaux. Lundi, deux jours après le saccage des Champs-Elysées par les gilets jaunes, les fonctionnaires girondins sont heureux. Ils viennent de l’apprendre, leur patron depuis 2015, Didier Lallement, est nommé à la tête de la préfecture de police de Paris, en remplacement de Michel Delpuech, limogé par l’exécutif car jugé trop laxiste. Ses collaborateurs bordelais en sont convaincus: si la ville a besoin d’un homme de fer, avec lui, elle sera servie. Agé de 62 ans, l’homme traîne en effet une réputation de préfet impitoyable. Le mot pourrait être fort s’il n’avait pas été prononcé spontanément par plusieurs de nos sources ayant croisé sa route par le passé. «Il est très cassant avec les gens, très blessant. On n’avait jamais vu ça, raconte une ex-collègue. Il est froid dans son management, mais assume totalement. Avec lui, c’est la politique de la terreur. Il ne respecte que ceux qui, de temps à autre, osent lui tenir tête.» «Didier Lallement? Il est fou comme un lapin, abonde un préfet actuellement en poste. C’est la rigidité faite homme. Il peut ne jamais vous dire bonjour, ça ne le dérange pas. De ce fait, il me semble très éloigné des caractéristiques que l’on exige d’un préfet, à savoir d’être rond. Si le gouvernement l’a choisi, c’est clairement pour une reprise en main musclée de la préfecture de police.»

Avec Didier Lallement, le gouvernement poursuit deux objectifs. Un de très court terme: rétablir l’ordre dans la capitale dès ce samedi, pour l’«acte XIX» des gilets jaunes. Par la suite, il s’agira de réformer l’institution créée en 1800 par Napoléon, qualifiée «d’Etat dans l’Etat» pour ses pouvoirs et son autonomie gargantuesques. En effet, la préfecture de Paris possède sa propre police judiciaire, le prestigieux «36», son service de renseignement (DRPP), chargé au même titre que la DGSI de la lutte antiterroriste, ainsi qu’une compétence sur la lutte contre l’immigration illégale. Un train de vie jugé luxueux en ces temps de rigueur budgétaire. Jeudi, lors de l’intronisation du nouveau préfet sur l’île de la Cité, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, n’y est pas allé de main morte au moment de dresser la feuille de route du nouveau maître des lieux: «Didier Lallement, votre modèle est Georges Clemenceau. La main de Clemenceau n’a jamais tremblé quand il s’agissait de se battre pour la France, la vôtre ne devra pas trembler non plus devant les réformes que vous devrez mener.»

Pour ce qui concerne le maintien de l’ordre, la place Beauvau entend renforcer une doctrine d’ultrafermeté. Christophe Castaner, ainsi que son secrétaire d’Etat, Laurent Nuñez, n’ont en effet que très modérément goûté une note émanant du directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), Frédéric Dupuch, appelant à un usage modéré des lanceurs de balles de défense (LBD 40). Les deux ministres attendent donc de Didier Lallement qu’il applique la stratégie «de mobilité et d’interpellations», élaborée après les heurts très violents du 1er décembre. Le risque? Générer un nombre très important de blessures voire de mutilations chez les manifestants, via un recours débridé aux armes les plus controversées du maintien de l’ordre, comme les LBD 40 bien sûr, mais aussi les différents types de grenades (celles dites de désencerclement ou les GLI-F4 composées de TNT). A Bordeaux, les affrontements entre les forces de l’ordre et les gilets jaunes ont d’ailleurs été très violents ces derniers mois. Deux personnes ont eu la main arrachée et plusieurs autres ont été sérieusement blessées par des tirs de LBD 40. Le 2 mars, c’est le député LFI Loïc Prud’homme qui a dénoncé les coups de matraque dont il a été victime en quittant pacifiquement un cortège des gilets jaunes. Une pétition a été lancée pour réclamer la tête du préfet. Lundi, Prud’homme a accueilli ainsi l’arrivée de Lallement à la tête de la préfecture de police de Paris: «Une prime au violent qui a échoué en Gironde!»

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«Le graal»

C’est là l’immense paradoxe de cette nomination. Bien que très expérimenté, –il a été préfet de l’Aisne, de la Saône-et-Loire et du Calvados–, Lallement n’a rien d’un spécialiste de l’ordre public. «C’est un préfet fou furieux, hoquette un ancien directeur central de la sécurité publique. Il a les dents qui rayent le parquet depuis toujours. En 2012, il voulait déjà avoir la mainmise sur la police et la gendarmerie à l’époque où il était secrétaire général du ministère de l’Intérieur [Valls, ndlr].Il a toujours voulu faire de la police opérationnelle, jusque-là il était tenu à l’écart avec une perche.» Prendre la tête de la préfecture de police de Paris, Didier Lallement y pensait donc depuis longtemps. «C’était son rêve absolu, il vient de toucher le graal», confie un proche. Didier Leschi, aujourd’hui directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration tempère le portrait apocalyptique fait de son compère issu, comme lui, du «chevènementisme»: «C’est un excellent technicien, à la grande rigueur intellectuelle. Au plan administratif, il est plutôt réformateur. Son passage à la tête de l’administration pénitentiaire [où il fut le créateur des équipes régionales d’intervention et de sécurité –unité d’élite] a été salué par les syndicats, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.» Le sénateur PS Jean-Pierre Sueur, qui a travaillé avec Lallement il y a bientôt trente ans au secrétariat d’Etat aux collectivités locales, confirme la grande valeur de ce haut-fonctionnaire, au parcours iconoclaste: «Lallement ne vient pas du sérail, il n’a pas fait l’ENA. Il est très sérieux, rigoureux et travailleur. Mais c’est vrai que dans l’exercice de l’autorité, il est très cash.» L’ex-préfet de la Nouvelle-Aquitaine laisse par exemple un souvenir âcre aux élus locaux du bassin d’Arcachon, à qui il a contesté sans merci le plan de l’urbanisme. «C’est le seul mec qui a eu les couilles de se prendre les lobbys de l’immobilier en frontal pour les obliger à respecter l’environnement et le domaine public maritime», rapporte un journaliste. Revanchard, l’un des maires contrariés a adressé un courrier au lance-flammes à Macron, accusant ni plus ni moins le haut fonctionnaire «d’abus de pouvoir». Mais Didier Lallement ne craint rien ni personne. Le jour de son arrivée en Gironde, il avait baptisé ainsi son nouveau personnel: «Vous pensez connaître ma réputation? Elle est en deçà de la réalité.»

Stationnement à Paris : les fraudes à la «carte handicapé»

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Les cartes délivrées sont souvent détournées de leur usage par des conducteurs valides. Un phénomène massif qui porte préjudice aux personnes à mobilité réduite qui ne peuvent plus accéder aux places réservées.

Michèle est désolée. Seule au volant de sa Mercedes, cette automobiliste parisienne vient de se faire pincer par la police. Son infraction ? Usage indu d’une carte de stationnement pour personnes handicapées. « Je viens d’accompagner ma mère âgée à un rendez-vous… Je ne savais pas que je devais enlever la carte de mon pare-brise », se défend-elle, garée le long de la place du Châtelet (Paris, Ier). Des explications qui ne convainquent guère les agents de la préfecture de police, mobilisés sur cette opération dans le cadre de la Semaine nationale des personnes handicapées physiques. Les policiers lui confisquent la carte et dressent un procès-verbal, qui sera transmis au tribunal de police. Michèle risque gros : une contravention de 5e classe, sanctionnée par une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 € !

A quelques mètres, Annie, une retraitée, a les larmes aux yeux. « Je me rends à un enterrement ce matin, dit-elle au volant de sa Citröen C1. Cette carte appartenait à ma mère… Je ne l’utilise que de temps en temps. » « Mais ce n’est pas une raison madame ! lui répond Franck Léger, de l’association de sensibilisation au handicap Odaas, depuis son fauteuil roulant. Vous n’avez pas le droit d’utiliser cette carte. En faisant ça, vous prenez les places des personnes handicapées ».

38 000 titres en circulation à Paris pour 4 500 places handicapés

Le bilan de la matinée montre qu’Annie et Michèle sont loin d’être des cas isolés. Sur 62 véhicules contrôlés arborant une carte, cinq infractions ont été constatées pour usage indu, dix copies de cartes ont été saisies et six PV ont été dressés pour stationnement sur emplacement handicapé (135 € d’amende). Des chiffres qui en disent long sur le caractère massif de la fraude.

Dans la capitale, 38 000 cartes sont en circulation, pour un parc de 4 500 places de stationnement gratuit réservées aux personnes à mobilité réduite. Alors que le coût du parking a fortement augmenté à Paris et ailleurs, les titres délivrés sur justificatif médical sont souvent utilisés abusivement par des conducteurs valides. « Beaucoup de personnes empruntent la carte d’un proche ou d’un voisin », confirme Franck Léger.

« La règle est pourtant simple : la carte ne peut être utilisée qu’en présence du titulaire, souligne la commissaire de police Ingrid Peyratout. Il y a bien sûr une tolérance quand un conducteur vient chercher ou déposer la personne handicapée. Mais si celle-ci n’est pas dans le véhicule quand on roule, il faut enlever la carte du pare-brise ».

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Des fausses cartes pour 300 € sur Internet

Autre fléau : les fausses cartes, scannées ou photocopiées, sont nombreuses. « On peut en trouver pour 300 € sur Internet ou aux Puces », s’alarme Franck Léger. « Heureusement, ce phénomène a tendance à disparaître, grâce au remplacement progressif des anciennes cartes européennes de stationnement par les nouvelles cartes mobilité inclusion (CMI) », explique François Rohon, de la Maison départementale des personnes handicapées de Paris(MDPH 75), qui instruit les demandes.

Ces nouveaux documents, délivrés depuis 2017, sont dotés d’un code numérique qui permet aux policiers et aux gendarmes de savoir immédiatement si la carte est volée ou désactivée. Les ayants droit ont jusqu’à 2026 pour changer leur carte. 15 000 sur 38 000 ont déjà franchi le pas à Paris. Mais en attendant cette échéance, deux types de documents coexistent, semant la confusion et favorisant les abus.

Les black blocs sont la milice de la gauche et les idiots utiles du pouvoir.

Formés à la violence politique et à la guérilla urbaine ils permettent au pouvoir de déconsidérer le mouvement des gilets jaunes. Un colonel de la réserve de la Gendarmerie vient de publier une étude qui révèle la vérité de ces gauchistes ultra violents.

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Eric Delbecque, expert en sécurité intérieure décrit ce mouvement dans un livre fouillé intitulé Les Ingouvernables. De l’extrême gauche utopiste à l’ultragauche violente. Plongée dans une France méconnue (éditions Grasset). Ce colonel de la réserve citoyenne de la Gendarmerie, a répondu à des questions du magazine  L’Essor. Extrait

Les black blocs sont en fait une galaxie de groupuscules de l’ultragauche : anarchistes autonomes, anti fa (fascistes), syndicalistes à la culture révolutionnaire dure”, décrit Eric Delbecque.

“Ce n’est pas un mouvement centralisé avec une chaîne hiérarchique mais des petits groupes qui s’agrègent le temps des violences”, explique l’auteur. Il ajoute que l’ultradroite, présente lors des premières manifestations de Gilets jaunes, est “relativement marginale par rapport aux black blocs”.

Communiquant par messageries cryptées, ils utilisent aussi les réseaux sociaux pour se faire connaître par des vidéos mises très rapidement en ligne. “La France, poursuit-il, en compte potentiellement entre 2.000 et 5.000, des chiffres que l’on retrouve dans certains autres pays européens comme l’Allemagne”.

Ces black blocs sont “très difficiles à infiltrer par la police”. D’autant plus, relève Eric Delbecque que les moyens des services de renseignements, ont depuis 2015, été massivement redéployés vers la lutte antiterroriste.

“Les blacks blocs n’expriment aucune revendication mais témoignent d’un contestation radicale et violente de toute forme de pouvoir pour s’installer dans l’insurrection permanente”.

Leurs rangs sont formés d’une grande majorité d’hommes – il y a quelques femmes – âgés de 16-17 à 45-50 ans, issus de tous les milieux sociaux, “réunis par une culture de la violence”, précise-t-il.

“Ils sont en bonne forme physique et très mobiles”, assure Eric Delbecque, relatant “la rapidité avec laquelle ils peuvent dépaver une rue sous la protection de guetteurs”.
La lutte contre les blacks blocs passent par le renseignement en anticipation, des interpellations plus nombreuses et davantage de judiciarisation, prône Eric Delbecque.

  • Grasset, 352 pages, 20,90 €.  ISBN-10: 2246817331 ISBN-13: 978-2246817338

Voici comment Eric Delbecque présente son livre

 

«  La violence est-elle inscrite dans l’ADN de l’«  ultragauche  »  ? L’année 2018, avec les affrontements musclés de Notre-Dame-des-Landes, ceux de la manifestation du 1er  Mai ou encore les gilets jaunes, peut le laisser penser. Ces formes d’action révèlent une montée en puissance de la violence politique dans les sociétés occidentales.

Mais qui sont ces Ingouvernables au fond si méconnus, qui refusent l’autorité de l’Etat et se déclarent les ennemis du capitalisme ? Je les ai baptisés Hipunk- combinaison de l’utopie romantique hippie et de la radicalité punk, du mythe orphique de la Nature et du nihilisme existentiel propre à la société de consommation. Les Hipunk ont renoncé à la Révolution marxiste par le haut- la dictature du prolétariat- mais adopté une nouvelle tactique offensive  : saper l’autorité publique par le bas, en investissant et multipliant les «  territoires perdus de la République  ». Chez ces ingouvernables, la ZAD (non plus Zone d’Autonomie à Défendre, mais Zone d’Autonomie Définitive) est l’objectif à atteindre, la technique s’appelle black bloc et la philosophie se nomme l’antispécisme. Si les groupuscules idéologiques sont nombreux et souvent rivaux au sein de «  l’ultragauche  », ils se rejoignent  dans un rejet viscéral de l’idée de Progrès et un athéisme politique radical : à leurs yeux le clivage droite/gauche n’existe plus.

 

Ce qui nous menace, avec les Hipunk, ce n’est pas la grande insurrection révolutionnaire, c’est la montée progressive d’une France trouée, d’une « France léopard » où la République ne sera plus partout chez elle mais se retrouvera condamnée à composer avec différents communautarismes. » Eric Delbecque